La Franc-maçonnerie, secte ou religion


Introduction
     Formée de phénomènes historiques et sociaux très divers, le terme franc-maçonnerie désigne un ensemble d'espaces de sociabilité sélectifs qui recrutent leurs membres par cooptation et pratiquent des rites initiatiques se référant à un secret maçonnique et à l'art de bâtir.

Les franc-maçons ne viennent pas en loge pour le culte d’une religion, ni pour créer une nouvelle religion. Cela pour la simple et bonne raison que les franc-maçons rejettent tous les dogmes ou doctrines qui prétendent détenir la vérité. Ce qui ne veut pas dire qu’ils soient forcément athées ou irréligieux à titre privé.

Pour les franc-maçons, la vérité est inatteignable, même si chacun doit chercher à l’atteindre en empruntant son propre chemin.
Toutefois, les franc-maçons pratiquent un rite particulier (gestes, rituels d’initiation, d’ouverture et de fermeture des travaux…), qui peuvent d’ailleurs varier d’une obédience à l’autre. Mais ces rites ne sont pas l’expression d’une doctrine: les textes n’affirment aucune croyance à laquelle il faudrait se conformer.
Les rituels et symboles maçonniques doivent plutôt être vus comme des outils, des points d’appui: ils invitent à ouvrir des portes et à marcher vers la vérité « en soi », à construire son « Temple intérieur ».
    Le fait que la franc-maçonnerie et les franc-maçons ne s’affichent pas clairement peut faire penser à une secte. Notons qu’il est facile d’entrer dans une secte mais très difficile d’en sortir. C’est précisément l’inverse en franc-maçonnerie : il est parfois compliqué d’y entrer, mais très facile d’en sortir, ce qui est donc à l’opposé d’un fonctionnement sectaire.


Les obédiences maçonniques

    Une obédience maçonnique est un regroupement de loges maçonniques, le plus souvent sous une forme fédérative, et qui peut prendre different nom: 

  • Obédiences régulières
  • Obédiences traditionnelles
  • Obédiences libérales ou adogmatiques
  • Loges dites : indépendantes, sauvages ou clandestines

    Il faut noter que c'est au début du xviiie siècle, en France, le terme « grande loge » désignait une réunion des présidents de loges. Il n'y avait donc pas d'obédience maçonnique permanente au sens moderne : la « grande loge » n'existait que pendant la durée de la réunion des présidents de loge. De même, le terme « grand orient » désignait l'endroit où se réunissait la « grande loge ». Ce n'est que dans la seconde moitié du siècle que ces termes finirent par désigner des institutions permanentes et souvent rivales.

S’il existe, de nos jours, un nombre considérable de rites et s’il s’en invente encore, la grande majorité des loges travaillent selon quelques rites principaux :
    • Les rites Ecossais
    • Rite Ecossais Ancien et Accepté
    • Rite Ecossais rectifié
    • Le rite français
    • Le rite d’York
    • Le rite Emulation
    • Les rites Egyptiens (Ex. Ordre Maçonnique Hermetique)
      • Memphis Misraïm
🧱1-La franc-maçonnerie : société initiatique, religion ou secte ?

La franc-maçonnerie suscite depuis longtemps des interrogations : est-elle une secte, une religion ou une société philosophique ? Pour éclairer ce débat, examinons ses caractéristiques, les critiques qu'elle a reçues et les réponses qu'elle apporte.




🔍 Qu'est-ce que la franc-maçonnerie ?

    La franc-maçonnerie est une société initiatique, philosophique et philanthropique. Elle se définit comme un espace de réflexion personnelle et collective, visant le perfectionnement moral et intellectuel de ses membres. Elle repose sur des rituels symboliques, des degrés d'initiation et des valeurs telles que la liberté, l'égalité et la fraternité.

Les francs-maçons se réunissent en loges, où ils pratiquent des rites et des cérémonies symboliques. Ces rituels utilisent des symboles empruntés aux métiers de la construction, tels que le compas et l'équerre, pour illustrer des principes moraux et philosophiques.


🙏2-  Est-ce une religion ?

    La religion est généralement définie comme un système culturel de certains comportements et pratiques, visions du monde, éthique, morale, textes, lieux sacrés, prophéties ou organisations qui relient l’humanité à des éléments surnaturels, transcendantaux, mystiques ou spirituels. Bien qu’il n’y ait pas de consensus académique sur ce qui constitue exactement une religion, Bernard Lonergan aborde la religion comme un ensemble d’expériences, de significations, de convictions, de croyances et d’expressions d’un groupe, à travers lequel ses participants répondent à leur dialectique de dépassement de soi et de relation avec la divinité.

Cependant, dès sa création, en 1717, la Franc-maçonnerie a affirmé une véritable dimension religieuse, suite à la fusion de quatre loges londoniennes et à la formation de la Grande Loge Unie d’Angleterre : d’abord en faisant référence à Dieu, et plus tard au Grand Architecte de l’Univers, dont on retrouve le symbole dans les temples maçonniques, à travers le « Delta lumineux » doté de « l’œil qui voit tout », ensuite en privilégiant la construction d’un lien social, à travers la fameuse « fraternité » maçonnique. Elle est donc bien ce « laboratoire de reliances » que décrit le sociologue et franc-maçon belge Marcel Bolle de Bal, s’efforçant de tisser une médiation tant verticale qu’horizontale, en accord avec l’étymologie du mot « religion », issu du latin « religare », qui signifie « relier ».

Nulle organisation ne témoigne mieux que la Franc-maçonnerie, peut-être, des aspirations religieuses de l’homme moderne, mais également du paradoxal mouvement d’écartèlement et de recouvrement entre Dieu et le siècle qui marque aujourd’hui la société occidentale, comme nous allons le montrer.

Nous mettrons ainsi en évidence la dimension religieuse de cette société initiatique, qui ne saurait pourtant être considérée elle-même comme une religion : d’abord parce que la quête spirituelle qu’elle propose et le sacré dont elle entoure ses rites ne renvoient pas à un culte, dans la mesure où elle se veut a-dogmatique ; ensuite parce que la question de la croyance en un Être Suprême et de l’évocation du Grand Architecte de l’Univers au sein des loges ne cesse de diviser les différentes obédiences.

Socio-politiquement, de nombreux francs-maçons, sont désireux de faire évoluer les lois de la République et de défendre les principes de la laïcité, en accord avec la devise maçonnique qui exhorte les initiés à travailler « au progrès de l’humanité ». Or c’est bien dans cette tentative d’équilibrage entre la construction de la cité céleste et l’édification de la cité terrestre, constitutive d’une philosophie résolument médiatrice, que réside l’originalité mais aussi la complexité de la démarche maçonnique.

les Eglises se fondent sur un dogme, une doctrine, des principes et des préceptes intangibles, acceptés et mis en application par leurs membres. Les religions proclament une vérité révélée, et les Eglises se positionnent comme les gardiennes et les dispensatrices de cette vérité.

    La franc-maçonnerie n'est donc pas une religion ni une confession parmi d’autres, même si les travaux sont organisés selon un rite qui peut parfois rappeler la liturgie catholique. Par ailleurs elle ne parle pas que de spiritualité, dans le sens où la raison est l’autre voie essentielle utilisée pour rechercher la vérité. Elle ne propose ni dogme, ni culte, ni salut. Cependant, elle exige de ses membres une croyance en un principe supérieur, souvent appelé "Grand Architecte de l'Univers". Cette exigence vise à rassembler des personnes de différentes confessions autour de valeurs communes, sans interférer dans leurs croyances personnelles.

Les discussions religieuses sont généralement évitées en loge pour préserver l'harmonie entre membres de diverses convictions. Ainsi, la franc-maçonnerie se positionne comme un espace de tolérance et de respect mutuel, plutôt que comme une religion en soi.


⚠️ 3- Est-ce une secte ?

    La franc-maçonnerie est parfois accusée d’être une secte. Le culte du secret, l’emploi de codes et de tenues vestimentaires spécifiques peut effectivement poser question. Pourtant, la comparaison s’arrête là. Dans les faits, l’accusation de « secte maçonnique » vient principalement des milieux d’extrême-droite ou de personnes qui connaissent mal les buts et le fonctionnement des loges.

Voici les principales accusations portées par ceux qui accusent la franc-maçonnerie d’être une secte, et les objections qu’on peut y apporter.



  • Un côté fermé qui fait penser à une secte ?

    Le fait que la franc-maçonnerie et les franc-maçons ne s’affichent pas clairement peut faire penser à une secte.

  • Un culte secret ou discret?

    La discrétion tient à la nature initiatique de l’expérience maçonnique : c’est l’idée que l’homme ne peut progresser qu’étape par étape, en outre, il ne peut accéder à toute la connaissance d’un seul coup. Pour accéder à ce qu’il cherche, l’individu doit se montrer digne, c’est-à-dire prouver qu’il est volontaire, prêt à faire des efforts, en toute bonne foi.

Les franc-maçons sont plus « discrets » que « secrets ». Ils n’ont en réalité plus grand chose à cacher : Ils existe de nombreux ouvrages et sites internet maçonniques qui dévoilent tous les travaux, rituels et symboles utilisés par les franc-maçons. On est donc bien loin d’un fonctionnement sectaire.

  • Une fraternité à géométrie variable?

    Les franc-maçons sont souvent accusés de faire passer leurs intérêts en priorité, c’est-à-dire de s’entraider au détriment des autres, comme dans une secte. On parle de réseaux d’influence, de dérives affairistes, de clubs fermés.

Pourtant, les principales obédiences françaises telles ques: Grand Orient, Grande Loge de France, Grande Loge Féminine, pour ne citer que ça interdisent à leurs membres ce type de pratiques pour des raisons d’éthique évidentes. Ces obédiences considèrent la fraternité comme universelle.

Seules les obédiences théistes d’inspiration anglo-saxonne (Grande Loge Nationale Française notamment), minoritaires en France, ont un fonctionnement de type réseau-club, ce qui a donné lieu à des dérives, notamment dans le sud-est et le nord de la France.

Ces dérives sont dénoncées par les franc-maçons des obédiences les plus importantes, qui les considèrent comme profondément contraires à leurs valeurs.

  • Une secte anti-démocratique ?

    Les nombreuses théories du complot qui fleurissent sur internet soutiennent que les franc-maçons auraient pour but de dominer et de contrôler le reste de la société, dans leur propre intérêt.

C’est bien sûr une fable. Les franc-maçons chérissent la liberté, l’égalité et la fraternité, cette devise républicaine était aussi celle des principales obédiences maçonniques. Ils sont attachés à la démocratie et défendent la laïcité et l’état de droit. Ils sont humanistes et progressistes, ces valeurs étant au coeur de leur engagement. Enfin, ils jurent sur l’honneur de respecter les lois de leur pays.

  • Une manipulation par des chefs occultes ?

    On entend parfois que la franc-maçonnerie serait dirigée par des super-loges composées des personnes les plus puissantes au monde, dictant leur loi et imposant leur volonté, comme s’il s’agissait de la plus puissante des sectes. Les franc-maçons des degrés les plus bas ne seraient même pas au fait de cette manipulation…

Certains temoignages donnent une large impression que certains freres ou  soeurs des loges, dites sauvage seraient chassés pour des raisons non valables soient pour des scenes de jalousie ou du moins au caprice du Vénérable Maître. Cependant, cette thèse ne résiste pas longtemps à l’analyse. Le pouvoir en franc-maçonnerie ne peut être vertical pour la bonne raison que les obédiences sont des fédérations de loges, et non des organisations centralisées. Les députés de chaque loge participent au convent annuel de leur obédience : ils forment une assemblée législative qui prend les décisions et élit le Grand Maître.

D’autre part, les obédiences françaises sont très diverses dans leur organisation et leur fonctionnement, il est donc évidemment impossible qu’une « super-loge » dirige toutes les obédiences…

Enfin, il n’y a pas de « gourou » au sein des loges, mais un Vénérable Maître élu par les membres, qui dirige les travaux durant une courte période de temps.

  • Un moule de pensée particulier?

    On entend parfois que les franc-maçons seraient formatés à un certain mode de pensée. C’est là encore très mal connaître l’objet de la démarche maçonnique.

La franc-maçonnerie a pour but la libération intime de l’homme : c’est une démarche qui ne peut être que personnelle. Les « secrets maçonniques » ne sont pas des vérités révélées, mais des éléments symboliques invitant à une élévation spirituelle.

Les franc-maçons apprennent le silence, l’humilité, la tolérance, et cherchent en priorité à mieux se connaître. Ils fuient leurs préjugés et tentent de dominer leurs passions. C’est un difficile chemin qui consiste à approcher la Lumière.

En ce sens, l’esprit maçonnique est encore une fois à l’exact opposé des pratiques sectaires

    La franc-maçonnerie ne correspond pas aux critères d'une secte. Elle ne cherche pas à contrôler ses membres, n'impose pas de dogmes et respecte la liberté de conscience. L'entrée dans une loge se fait par cooptation, mais le départ est libre et sans entrave. De plus, elle ne pratique pas le prosélytisme et ne vise pas l'isolement de ses membres.

Les critiques la qualifiant de secte proviennent souvent d'une méconnaissance de ses pratiques ou de préjugés historiques. En réalité, la franc-maçonnerie encourage ses membres à être des citoyens actifs et éclairés, engagés dans la société.


🕊️ 4- Relations avec les religions

    L'Église catholique a historiquement condamné la franc-maçonnerie, la jugeant incompatible avec la foi chrétienne. Des documents tels que l'encyclique Humanum Genus de 1884 expriment cette position. Cependant, d'autres confessions ont des approches plus nuancées, et certains membres de la franc-maçonnerie sont croyants et pratiquants.

La franc-maçonnerie, de son côté, affirme respecter toutes les religions et ne pas interférer dans les convictions spirituelles de ses membres. Elle se veut un lieu de dialogue et de fraternité au-delà des différences confessionnelles.


🖼️ Symboles emblématiques

  • Compas et équerre : représentent la rigueur morale et la rectitude.

  • Œil de la Providence : symbole de la conscience divine ou de l'idéal de connaissance.

  • Lettre "G" : peut signifier "Géométrie", "Gnose" ou "God" (Dieu).

  • Tablier de maître : symbole de l'engagement et du travail sur soi.


📚 Pour approfondir


    En résumé, la franc-maçonnerie est une société initiatique qui vise le développement moral et intellectuel de ses membres. Elle n'est ni une religion, ni une secte, mais un espace de réflexion et de fraternité. Les critiques qu'elle suscite proviennent souvent de malentendus ou de divergences idéologiques.


N.B Les informations présentées dans cet article ont une vocation culturelle, historique et éducative. Elles ne doivent pas être interprétées comme des conseils spirituels, médicaux ou pratiques. Toute interprétation ou utilisation relève de la responsabilité du lecteur.


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